L handicapé
auditif,suite
La france, le pays des crucifictions : ici , j' ai tout connu , manque de shit, manque de cafés branchés où passer la soirée, rejet des autres, mépris, humiliations, ici, j' ai tout connu .
Je sais que la france est un pays dangereux pour moi . Je sais que ma vie va basculer dans l' horreur ; ici, les horreurs, les vies gachées, c' est tellement banal . Il y a ici comme une banalité de l' agressivité : "j' essaie de démolir l' autre" . je sais que j' en ferais les frais . Avant de mêttre fin à mes jours, j' aimerais cracher une dernière fois sur cette sale vie de merde que fut ma vie en france . cette vie baisée, cette vie volée ! ! ! Comme une vie au pays du mal ! ! ! Quand je pense à cette vie volée que fut ma vie en france, j' ai comme le sang qui bout dans les veines ! ! ! Ma vie en france comme un triste et sale conte d' Andersen ! ! ! J' aurais été si heureux en Hollande ! ! J' aurais vécu une vie pleine et entière , au lieu de çà, j' ai vecu en france et j' ai vécu une vie pire que la mort . Toi la france, comparée à la Hollande, t' es qu' un sale petit pays de merde . Quelle était moche , quelle était triste, ma vie en france , comme une vie au pays du néant .
Il me reste encore assez de lucidité pour cracher sur cette vie baisée que fut ma vie ici . La france est à la hollande . . . ce que le néant est à la lumière . J' ai pour la france , et pour l' environnement francais une réserve de haine pour mille ans . Et de plus en plus, quand je repense à cette vie morne et désolée que fut ma vie en france, je . . je me sens comme dans la peau d' un . . . traqueur de criminels nazis ! !
Je descends les marches de l' enfer avec mes gestionnaires de foyers et les ouvriers de maintenance . . . . comme aux premières loges de mon supplice ! ! ! Ma mort va les amuser, ma désintégration progressive va les faire jouir .
Vendredi 23 Février
Vendredi banal , je me dirige vers l' ascenseur en évitant la femme de ménage qui fait un bruit incroyable mais bon . . . on a du lui dire que j' étais un malade mental , alors elle ne s' inquiète pas du tout de me voir passer, comme tous les matins le doigt collé contre mon oreille blessée comme d' habitude pour échapper au bruit . J' arrive devant la porte de la cabine d' ascenseur et je remarque ce locataire (un vieux de soixante ans ) qui est en train , la porte de son logement ouverte, de passer une serpillière sur le sol de son studio ; le type (le vieux con) , me regarde, m'aperçoit, il m' envoie un regard chargé de haine (la haine immense qu' ont les cons pour . . . ceux qu' ils ne comprennent pas !) un regard chargé de haine et je devine tout de suite . . . . la suite du programme ! ! ! oui, j' ai tout de suite deviné , en une fraction de seconde . . . ce que . . . ce que ce sale petit con allait me faire subir ! ! ! Le type commence à saisir à toute allure son seau , sa serpillière, il les rentre dans son logement et . . . oui . . . je sais, et il va essayer de me claquer la porte au nez ! ! ! sale petite merde . Je recule à toute allure , je sais que si j' arrive à repasser la porte du couloir comme pour retourner dans ma chambre et si j' arrive à temps à refermer cette porte derrière moi le choc de la porte claquée de ce petit con, de ce sale petit vieux de merde sera moins destructif pour mon oreille . mais je n' y arrive pas ! ! ! : avant que j' ai réussi à fermer cette porte de couloir derrière moi , le vieux , le sale petit con à réussi . . . à claquer sa porte de toutes ces forces . Je descend par l' escalier de service , j' ai la tête qui bourdonne comme une cloche . . je sors dans la rue , les oreilles bourdonnantes ! ! ! à cause de ce petit vieux , à cause de ce petit con ; et quand j' irais voir ma gestionnaire de foyer pour lui raconter tout celà, elle dira . . . " c' est regretable " et quand je lui demanderais de bien vouloir convoquer ce locataire pour lui dire qu'il ne faut pas me claquer la porte au nez , elle me répondra . . . "que c' est impossible " en sous-entendant . . . que je fait partie . . . . de ces gens au mental atteint , ces gens susceptibles de raconter n' importe quoi . Elle refuse de convoquer ce locataire(à lui aussi , on a du dire que j' étais une espèce de monstre et qu'il était bon , normal , de faire du mal) ; elle refuse de faire quoi que ce soi .
Quelle étrange, quelle atroce fin de vie que la mienne : une fin de vie comme dans un film d' Hitchcok . : je suis comme un cerf poursuivi par une meute de chiens . En france , les fins de vie de certains sont comme des chasses à courre , semblables à des crucifictions , où la bête épuisée, encerclée, fini par crever mordue de milles dents . Ho toi la france , sale putain , toi qui baisa ma vie, j' te hais pour l' éternité .Tu vas essayer de me tuer, mon seul réconfort sera de le raconter .
Samedi 24 Février
Je rumine encore l' horreur de la veille, ce petit vieux , qui fait à peine un mêtre cinquante lorsqu' il n' est pas courbé, vouté (mais il est toujours courbé) et qui a réussi à me claquer la porte au nez ; Tiens en rentrant de mas couses au pays du mal , je le recroise, au même endroit, en sortant de l' ascenseur ; il est avec une autre personne ; je lui dit que je suis handicapé auditif, souffrant de bourdonnements d' oreilles permanents et je lui demande de ne plus jamais me claquer le porte au nez ; à cause de lui, mes bourdonnements d' oreilles se sont aggravés . Quand j' ai fini de parler, la femme qui est avec lui, place une de ses mains au niveau de son oreille et l' agite , le sous-entendu classique (le geste classique des cons) pour me dire que . . . "chuis complêtement zinzin, moi ! ! " Le vieux refuse absolument de reconnaitre qu' il m' a claqué la porte au nez et . . .(plus on est con, plus on est culotté) et fait le geste, fait mine . . . de vouloir se précipiter vers moi, comme s'il voulait me donner une bonne leçon , me casser la gueule . Sale petite merde ; sale petit vieux , sale petit con . Quand je vous disais que j' étais, dans ce foyer sonacotra , comme un juif dans un camp de concentration ! ! ! !
Tremblant de rage , je vais faire un tour dehors , puis je rentre . Il est 22H 30 ; assistez, mes amis, à ce récit quasi anticipé, quasi "en direct" de ce qui va se passer ce soir chez moi . et chez mon voisin d' à coté . Cà commence à taper . . . hum . . . comme un géant qui ferait le ménage ! ! hum . . . ou plutôt comme un type bourré qui ferait le menage ! ! çà cogne, çà tape, j' entends des cris , des éclats de voix, dans ces cas là, je suis obligé deme réfugier dans mon petits w-C, comme d' habitude ! le seul endroit qui me protège ; je peux y passer des heures ; j' y ai déjà passé des heures . Bah , j' ai été surveillant de cantine , passer une ou deux heures debout, çà me rappelle des souvenirs . En tout cas, cette fois , j' ai du matos : dans ma main, un stylo Pilot V-5, le roi des autobiographies à la volée , "on the beat" , comme dirait Gainsbourg ! ! Et également , patafixées sur un album BD rigide, quelques feuilles de papier ; de quoi noter l' horreur . Mon Pilot V5 glisse sur le papier comme la patineuse sur la glace . Tiens, mon voisin semble se calmer . Quand mon voisin se calme, mon stylo se calme aussi . Et se pose .O K j' ai passé des heures debout dans des cours de récré, à surveiller des enfants, mais rester debout dans mes chiottes, c' est pô pareil . où y sont , les enfants ? ? ?
Décidement, mon voisin semble décidé à faire le plus de bruit possible : il passe une heure à fermer sa porte en faisant un vacarme épouvantable , s' y reprend à plusieurs fois, je suis à bout de nerfs, comme d' habitude ; mon voisin est encore bourré, et la nuit sera encore dure pour moi .
Cà y est, il se remet à faire le ménage . C' est reparti, les chocs sur la tuyauterie . Cà y est , il sort, il arrive à sortir et à fermer sa porte . je vais pouvoir sortir des W-C et mener une vie normale , dans mon studio . Je sors des W-C et m' assoie enfin sur mon lit : Ouah ! ! mes chaussons sont devenus de véritables éponges ; ben oui, rester des heures debout immobile , dans les chiottes, on a les chaussons qui s' humidifient ! ! Et j' ai mal aux genoux ! ! Je vais (essayer) de dormir . j' ai passé la soirée dans les W-C, comme une souris dans son trou, attendant que mon gros matou de voisin se calme, fasse moins de bruit . Il est rentré, sorti 5 ou 6 fois, en faisant énormément de bruit, je l' ai entendu crier, s' énerver, puis çà s' est calmé, çà va reprendre . . . dans la nuit , ou la semaine prochaine ! !
Dimanche 25 Février
Mes sifflements d' oreille se sont encore aggravés ; le vendredi matin , ce petit vieux qui m' a claqué la porte au nez ,à 3 mêtres de moi , et cette (presque banale) nuit du samedi que j' ai passé debout dans les chiottes , avant d' aller me coucher avec un gros mal de crâne . Bah ! ! Mais je dois bien faire quelque chose de mon week-end ; je décide d' aller à la cité des sciences, à la villette. Le trajet est pô de tout repos : le RER B horriblement bruyant, comme d' habitude ,et après, gare du nord, église de pantin et en avant pour la maison de la science ! ! J' arrive à la bibliothèque de la cité des sciences , rayon informatique-électronique . Ouah ! ! ! c' est le salon du prêt-à-porter ou quoi ? ? ? mghrmhg. . . vu la quantité . . . . de tissu au mêtre carré , j' ai vraiment l' impression d' être au salon du prêt-à-porter . J' adore La Villette ; j' y croise des enfants , des familles, çà me rappelle quand j' était surveillant d' école . J' en profite pour téléphoner à un viel ami , lui peut toujours aller dans les cafés, pour moi c'est hors de question, alors, on ne se voit plus souvent . Je lui parle de mon projet de mêtre l' électronique au service du handicap , mon projet qui avance . . . comme l' armée napoléonienne avance en campagne , à pas de géants , à pas d' enfer ! !
" c' est facile, qu' il me dit , quand on copie sur sur les autres ! ! ! " Mais j' copie pô sur les autres, moi ! ! J' fais tout tout seul ! ! : les micro-contrôleurs sont munis de cette particularité "fleurie " . . . : le programme que vous créez, et balancez dans la mémoire du micro, vous pouvez le rendre " invisible" juste éxécutable . mais on peut pô le lire . on peut juste l' exécuter le faire tourner , c' est tout . Pas besoin de " s 'user le coude", à déposer un brevet ! ! !On comprend que les gens qui font çà s' gênent pas pour monnayer chèrement leurs services . Le trajet du retour pour rentrer chez moi fut particulièrement bruyant j' ai du rester les deux doigts dans mes oreille pendant cinq ou six stations, le RER faisait un bruit incroyable .
Lundi 26 Février
Ce matin je me suis réveillé, et après avoir pris ma douche, sorti de ma douche , j' ai constaté, surpris , accablé, que mes deux oreilles faisaient du bruit : avant, j' avais qu 'une oreille qui faisait un sifflement, maintenant, c' est les deux ! ! ! Enfer et damnation ! ! !
Halte à la mode des talons hauts bruyants ! ! ! !
Quand je pense à ces gens qui viennent de se faire operer d' une oreille , qui sont allongés , convalescents sur un lit d' hôpital , et qui entendent , le tic-tac hallucinants de talons hauts dans une rue adjacente, mais que font les infirmières ? ? ? ?
Vous avez entendu cette nouvelle mode des talons hauts ? ? ?
La mode des talons hauts me démoli complêtement les oreilles . Je trouve incroyable que se développent de telles modes qui sont totalement condamnables car bruyantes . Pollution sonore . Pour les gens qui souffrent d' affections auditives du style bourdonnements d' oreilles qui s' aggravent au bruit , cette mode sonne le glas du bonheur . le glas du bonheur d' être dehors , dans la rue , dans des endroits publics , qui résonnent desormais , du martelement impitoyable de ces p . . . de talons hauts qui moi, me démolissent les oreilles ! ! !
Le choc de ces talons hauts sur le sol , est pour moi un véritable calvaire . Un véritable supplice . Ces bruits me démolissent les oreilles . J' ai décidé également , en plus de consacrer un numéro spécial de l' handicapé auditif au " martyr des talons hauts " , d' envoyer un courrier au ministère de la santé . Une mode qui détruit la santé de certains , je trouve celà intolérable . Après tout , si la femme qui s' amuse à faire résonner le sol du bruit de ses talons hauts avait le même handicap que moi , à savoir des bourdonnements permanents d' oreille qui s' agravent en cas d' exposition à des bruits intenses , ben çà l' amuserait pas du tout , çà l' amuserait pu du tout , la nana , de s' balader avec des godasses qui font autant de bruit que celui d' un maréchal ferrant sur son enclume ! ! ! ! Bien entendu ,mes sifflements d' oreilles qui s' aggravent au bruit , çà peut pas se prouver , alors la ssociété est tranquille ! ! !
A une époque , les bordels étaient interdits à moins de cinq cents mêtres d' une église ; je propose l' interdiction des talons hauts à moins de deux cents mêtres des hôpitaux : après une opération , on a besoin de calme .On arrête la mode des talons hauts ou alors moi, je me fache . Je ne tolérerais pas de rester cloitré chez moi, parce que les rues, les lieux publics, les correspondances de métro resonent du choc abject de ces talons hauts sur le sol ; que les talons soient hauts ou bas, j' en ai rien à cirer , tout ce que je veux, c' est qu' ils soient silencieux . Alors, c'est mon silence, contre votre silence : j' ai vécu en france une vie plutôt . . . morne et gachée , je sais que c' est la médiocrité de cet envirronement français qui a . . . émasculé ma vie, je vais bientôt etre contraint au suicide , car avec deux oreilles qui sifllent en permanence, la vie ne vaut plus tellement la peine d' être vécue ; je pense avoir vécu en france . . . une sale vie de merde, une vie baisée, une vie volée . Vous voulez que je vous raconte mes années de solitude à paris cette ville tellement nulle et con ; je peux me taire ou parler . Ma vie baisée ici, je peux vous l' envoyer à la tronche avant de crever . Je peux me taire sur tout le mal que me fit ce pays ou je peux parler . Je vous laisse le choix .
Bien sûr va se poser . . le douloureux problème du "recyclage " des talons hauts . Que faire de ces . . . pourritures sonores ? ? Des tapis pour fakirs indous ? ? Les mettre en remplacement des têtes de pipes à dégommer au fusil dans les fêtes foraines ? ? Faire des compressions de talons hauts à la César ? ? César, artiste plasticien, prenait des grosses motos de mille cinq cent centimêtres cubes , puis les écrabouillait dans ces presses à machoires d' acier pour voitures mises à la casse . Elles ressortaient de presse , sous formes de cubes allongés . . . du plus bel effêt . minimal compact ! ! ! on pourrait mettre des milliers de paires de chaussures à talons hauts dans des containers , puis, les écrabouiller à la César ? ? ? Faire des compressions de talons hauts ? ? Je sais que le france est le pays du mal : ici, on adore prendre les gens pour des cons , et en l' absence de preuves , prendre ceux qui se plaignent de çà ou de çà pour des fous . en tout cas moi la mode des talons hauts ne me passera pas sur le corps . J' ai encore une vie à faire dehors , encore quelque temps à vivre sur terre, et les derniers mois de ma vie, je les veux dans le calme . mon silence, contre le votre ! ! .
Mars 2007
Ma vie est devenue un supplice permanent ; mes sifflements d' oreille ont triplé d' intensité : j' ai comme une sirène de péniche dans la tête, en permanence . Je n' aurais jamais cru qu' on pouvait avoir un bruit aussi fort dans la tête, 24 heures sur 24 . Je commence à représenter ... un cas neurologique . Et la mode des talons hauts achève de me bousiller les oreilles .
La ligne 6 du métro est un vrai supplice pour moi avec ces joueurs d' accordeon : je sais que si je suis coincé, ne serait-ce que le temps d' une station avec un de ces musiciens dans la même rame que moi, alors mon état va s' aggraver . Quand je pense que certains vivent ce que je vis avec des témoins , des compagnons compréhensifs, une femme , des enfants qui,ne mettants pas en doute le supplice que l' on vit , vous aident à supporter ce type d' handicap, moi, personne seule à la mauvaise réputation, mon supplice rencontre bien peu d' écho, peu peu d' oreilles compréhensives : Je vis ma descente aux enfers dans une espèce " d' intimité absolue " : je suis le seul témoin, finalement, de ma descente aux enfers . Que vaut, que valent, que pèsent mes handicaps auditifs face à la mode des talons hauts bruyants ? ? La mode doit passer, et les quelques personnes qui s' en plaindront, comme çà fera chier qu' elles s' en plaignent, ben on dira que ces gens là , c' est des fous . des pourris du cerveau ; la france a cette faculté, de purrir, démolir les vies par incrédulité ; criez que ces taons hauts bruyants vous démolissent les oreilles, et on préfèrera vous prendre pour un fou . Et c'est ce que vous avez toutes les chances de devenir . En plus, ce bruit, ce choc horrible de ces talons hauts sur le sol a cette particularité encore plus infernale : essayez pour échapper à ce bruit de vous mettre vos doigts dans vos oreilles , pour vous boucher les oreilles : vous constaterez , etonné, que le bruit est le même, toujours aussi fort . Ce bruit des talons hauts choqué sur le sol, même quand on met les doigts dans ses oreilles, ben c' est toujours aussi fort , le bruit n' est pas atténué, même quand on se bouche les oreilles . En france, on aime bien imaginer, jouer avec l' idée que l' autre est un "pourri du cerveau" ,a ses neurônes grillés, est un gaga du cerveau : ayez une maladie que vous ne pouvez pas prouver, on vous rira au nez, on vous dirigera vers un psy .
Quelle dérision : je suis en train de faire des trucs pour les non-voyants, des choses qui les aident, etmoi, pendant ce temps là, la société n' a rien à cirer de mes handicaps . Je me casse le c.. à mêttre l' electronique au service du handicap, et pendant ce temps là, la société n' a rien à cirer des miens . La mode des talons hauts me bousille les oreilles, si cette société est autre chose qu' une sale société de merde, qu' elle intervienne ! ! !
Mardi 27 Mars
Comme d' habitude, je rentre de ma visite hebdo au supermarché et j' arrive en direction de ma boite aux lettres, les deux bras chargés de provisions . J' ai l' intention , comme je le fait depuis des années, d' en mettre une partie, celle qui craint la chaleur, dans ma boite aux lettres . Dans ce local boites aux lettres, il fait moins chaud que dans ma chambre , et les victuailles, lait, soupe, thon en boite se conservent mieux en restant plus au frais . Je tombe sur l' ouvrier de maintenance celui qui avaitl' air de vouloir me foutre des baffes si je persistais à déclarer que l' eau des douches n' était pas assez chaude . Quand il me voit arriver, les deux bras chargés de sacs à provision, il me regarde en tremblant, ses yeux sont injectés de haine, son visage reflète . . . comme une haine totale, colossale contre moi ; je sais . . pour lui, je suis l' incarnation du mal, il rève depuis des années d' en "venir aux mains", avec moi . Il a surement, prévu de me coincer : comme d' habitude, je rentre les deux bras chargés de courses ( 10 KG au bas mot) il me regarde, les yeux écarquillés de haine , la voix tremblant, ( comme s' il allait devenir fou de colère d' une seconde à l' autre ), la voix tremblante, il me dit qu' il est interdit de mêttre mes provisions dans ma boite aux lettres : çà attire les cafards . Je vais pour me diriger vers ma boite aux lettres, il me barre le passage en me faisant comprendre que "si j' insiste" , on en "viendra aux mains " ! ! !
Mon coeur se met à battre à toute allure, mon sang pulse dans mes oreilles, qui se mêttent à siffler plus fort ! ! Je suis là, les deux bras tenant mes provisions, en une seconde, je décide de la marche à suivre : je vais aller voir ma gestionnaire de foyer qui est là ce jour là . Il fait mine de me poursuivre comme s' il voulait me casser la figure ! ! J' arrive , tremblant d' indignation, dans le bureau de ma gestionnaire, lui raconte ce qui vient de se passer, cette nouvelle et sordide interdiction de mêttre mes provisions dans ma boite aux lettres : elle m' accorde le droit de mêttre mes provisions dans ma boite aux lettres . Ouf ! ! ! Sauvé ! ! Cette histoire est révélatrice de cette relation perverse et sordide, entre cet ouvrier de maintenance et moi . J' ai , à l' heure qu'il est ma vie complêtement démolie, mais je dois continuer à mener ces combats épuisants, 1 : contre mon ouvrier de maintenance ( qui me fait battre, le coeur et le sang, en me menaçant, finalement de me démolir le portrait) , 2 : contre ce locataire, ce petit vieux qui fera, le plus perversement du monde, autaut de bruit qu'il pourra, chaque fois qu' on se croisera . 3 : avec ma gestionnaire de foyer, qui refuse de le convoquer et de le sermonner . Il faut vraiment que la france soit un sale pays de merde, pour qu' on puisse y mourrir aussi douloureusement . Il faut vraiment que la france soit un sale pays de merde, pour que je finisse ma vie ainsi . En tout cas, cette démolition de ma vie, je la raconterais jour après jour .Ultime revanche ! ! !
La france fut pour moi, le pays du mal, le pays du néant, le pays de l' absence d' amour . Un ange en enfer, voilà qui résumera parfaitement ma vie en france . un ange en enfer . un ange au pays du mal . à l' heure qu' il est, je désire mourrir, ma vie n' est plus qu' un torrent de souffrance , je finis ma vie dans ce foyer sonacotra comme une bête de chasse à courre, comme le cerf que la meute poursuit ! ! Je vais devoir mourrir, si seulement je pouvais mourrir dans la paix ! ! Ho, mais çà serait trop beau de mourrirdans la paix, au pays du mal, on ne meurt pas dans la paix ! ! ! au pays du mal, même les derniers instants de vie se vivent dans l' horreur, au pays du mal, on meurt dévoré vivant ! ! ! au pays du mal, les gens vous pourrissent même les derniers instants de votre vie , au pays du mal, les gens se réjouissent secrêtement de vos handicaps, de votre souffrance . en faisant semblant de ne pas y croire . Avec ce vieux, dont je sais que chaque fois que nos chemins se croiseront , il m' enverra des décibels , je me déplace dans mon foyer comme un clandestin, comme un sans- papier , j' ai toujours peur de tomber sur lui . Dans ce foyer, je suis devenu, . . . une espèce de tête de turc de service .
vendredi 30 Mars
Je sors ce matin comme d' habitude, je suis dans le local boites aux lettres, et je "tombe" sur le petit vieux, celui qui m'a claqué la porte au nez il y a deux semaines . Bref échange de regards ;dès qu' il me voie, il referme la porte de sa boite aux lettres en la faisant claquer de toutes ses forces ! ! ! . Je me demande s' il n' était pas là dans ce local, en guettant mon passage pour avoir "la joie" de me bousiller davantage mes oreilles avec des décibels.
Samedi 31 Mars
Mes déplacements à paris sont devenus un véritable supplice . Ouha le choc , le bruit abrutissant de ces talons hauts dans les couloirs de métro, dans ces correspondances interminables de métro qui résonnent désormais à mort . Tans pis pour moi n' est-ce-pas ? ? J' ai qu' à rester chez moi ! ! pis si je suispas content, j' ai qu' à me flinguer , n' est-ce-pas ? ? Dans les couloirs du métro, ces bruits de talons hauts choquant le sol me démolissent les oreilles, mais dans les rames, dans les wagons, chuis pô tranquille pour autant ! ! Je crains comme la peste, à chaque arrêt, que n' entre dans ma rame, un accordeoniste, qui lui, veut jouer, et qui n' a rien à cirer de mes problèmes auditifs ! ! ! Les handicapés de l' oreille n' ont qu' à rester chez eux, n' est-ce-pas ? ? ?
Parfois, j' attrape prèsque des lumbagos en me tournant sur mon siège pour vérifier qu' un musicien n' est pas entré dans la rame ou je suis . Avec les joueurs d' accordéon, le sans-papier, c' est moi .
Pis quand je rentre "chez moi", chuis pô tranquille pour autant: je dois à présent, tel un clandestin, tel un sans-papier, craindre à tout instant, de tomber sur ce petit vieux , ce petit con , qui , dès qu' il me verra, essayera finalement de me démolir les oreilles en faisant autant de bruit qu'il pourra . Hiers, on s' est encore croisé dans le local boite aux lettres et cette fois , au lieu de claquer sa porte à toute force, c' est le battant de sa boite aux lettres qu' il referma en le faisant claquer le plus fort possible ; dans ce foyer sonacotra, je suis devenu une espèce de juif , avec lequel n' importe qui, peut tout se permettre .
Dim 31 Mars
J' ai ma santé complêtement démolie et pourtant je dois continuer à mener ce combat épuisant contre cet ouvrier de maintenance (qui fait battre mon coeur et mon sang en me menaçant finalement " d' en venir aux mains") , et ce petit vieux qui fera perversement du bruit, des décibels chaque fois qu' on se croisera , contre ma gestionnaire de foyer qui refuse de le convoquer . Au pays du mal, les fins de vies sont parfois très douloureuses, comme une fin de vie dans un camp de concentration .
Il faut vraiment que la france soit un sale pays de merde pour que j' y ai vecu une vie et une fin de vie aussi degueulasses . La france est le pays du mal.A l' heure qu' il est, je désire mourrir, ma vie n' est plus qu' un torrent de souffrance, je fini ma vie dans ce foyer sonacotra comme un cerf poursuivi par une meute de chiens féroces . Au pays du mal, on meurt . . . . dévoré vivant ! ! ! ! Au pays du mal, les gens vous pourrissent même les derniers instants de votre vie , au pays du mal, les gens se réjouissent secrêtement de vos handicaps en faisant mine de ne pas y croire . Au pays du mal, ma souffrance est une jouissance pour les autres .